Le foie gras au Canada
Le Périgord de l'autre côté de l'océan ! A vous de juger ...

SOURCE :Cyberpresse Actualités
La Presse
Un groupe de défense des droits des animaux a infiltré le plus important producteur de foie gras du Québec, les Élevages Périgord, à Saint-Louis-de-Gonzague, près de Valleyfield. Le Réseau d'action global (RAG) présentera demain au public des images troublantes de canards malades dont on arrache la tête alors qu'ils sont toujours vivants ou qu'on frappe sur des colonnes de béton. Des images qui tranchent évidemment avec le lustre du foie gras, produit gastronomique par excellence.
C'est la première fois qu'un groupe militant s'attaque ainsi à un producteur de foie gras québécois, la pratique étant fort connue en Europe ou aux États-Unis où le gavage a été une cible de choix l'année dernière. «Un de nos sympathisants a été engagé chez Élevages Périgord et a filmé les activités avec une caméra cachée», explique Andrew Plumbly, du RAG. Les images ont été remises à la police locale parce que, selon le groupe, certains actes sont carrément illégaux. La loi fédérale interdit que l'on inflige une souffrance injustifiée à des animaux.
«Vous voyez, là, cette méthode n'a pas d'explication scientifique», dit Andrew Plumbly, montrant les images d'oiseaux maltraités, présentées à La Presse dans ses bureaux montréalais, à l'avant-veille de sa conférence de presse.
Sensationnalisme et démagogie, soutient Isabelle François, directrice générale d'un autre très important producteur de foie gras québécois, Aux Champs d'Élisée. «La façon de faire de ces groupes est déplorable, dit-elle. Si on veut passer un message, il y a d'autres façons de le faire. Celle-là va ternir l'image de l'industrie complète.»
Selon la productrice de Marieville, en Montérégie, ce genre de campagne est malhonnête parce qu'on y présente des images choquantes, hors contexte. Normalement, les canards reçoivent un petit choc pour les désensibiliser avant de les abattre. «Ça se fait comme ça dans le poulet aussi, dit-elle. Mais c'est certain qu'il faut abattre le canard si on veut le manger. On ne raconte pas d'histoires: ça fait partie de la chaîne alimentaire.»
Les Élevages Périgord est une filiale du groupe français Excel Développement, installé à Saint-Louis-de-Gonzague. Ils y produisent plus de 3500 canards par semaine. «Cette histoire m'énerve beaucoup», dit Emmanuel Nassans, propriétaire d'Élevages Périgord qui a appris hier que son entreprise avait été infiltrée. Il affirme n'avoir jamais eu connaissance qu'un de ses employés maltraitait des animaux. «On leur dit de faire très attention à nos canards: c'est notre gagne-pain.» Emmanuel Nassans était visiblement ébranlé par cette histoire. La vidéo montre aussi des canards morts dans leurs cages. «Oui, dit l'homme. J'ai 2,5% ou 3% de mortalité. Je ne m'en cache pas. Je pourrais aussi montrer de belles images de canards en bonne santé.»
La Société générale de financement a investi 2,3 millions de dollars dans Élevages Périgord l'année dernière, devenant partenaire à 43%. «Une vérification exigeante avait été faite, explique France Beauchamp, de la SGF. On s'était assuré que leurs pratiques étaient conformes à la loi. Si ce tournage dévoile autre chose, nous réagirons.»
Le RAG avait annoncé au mois de décembre dernier qu'il préparait une action pour dénoncer le gavage des oiseaux. «Nous voulons que le gouvernement canadien interdise la production de foie gras «, explique Andrew Plumbly. Selon lui, l'élevage industriel, quel qu'il soit, est inhumain. Mais le gavage est particulièrement répréhensible.
Aux États-Unis, des gouvernements municipaux et étatiques ont déjà adopté des lois interdisant la production ou le commerce du foie gras. Les campagnes contre la pratique, menées par des organismes militants internationaux, PETÀ notamment, étaient autrement plus musclées que le court vidéo qui sera présenté aux médias québécois demain. La plupart des images du RAG, très sombres, montrent des pratiques courantes, dont le tri des petits canards. On y voit un employé d'Élevages Périgord qui jette dans un sac vert les femelles parce qu'elles ne font pas un bon foie gras. L'employé tue ensuite les bébés en les faisant respirer du gaz carbonique. «Je ne peux pas le nier, c'est comme ça qu'on fait la sélection, explique Emmanuel Nassans. C'est la méthode la plus humaine qu'on a trouvée, d'autres préfèrent envoyer les canettes dans une déchiqueteuse.»
Son collègue, le producteur artisanal Alain Dansereau, se désole aussi de cette histoire. «Le fois gras est une cible facile. On se promènerait dans des porcheries, on verrait des histoires bien pires», lance le propriétaire de l'Oie Naudière, de Saint-Alexis de Montcalm. «C'est certain que quand tu laisses tes animaux à des employés, il peut arriver des malchances comme ça. C'est certain qu'on veut essayer de tuer les animaux le plus élégamment possible. Mais je pense que les éleveurs font très attention à leur production. Et j'invite tous les Greenpeace à venir faire une infiltration chez nous pour s'en convaincre!»
Les preuves en images
Commentaires
Abominable :'((
J'ai arrete a -4.48 minutes... c est ignoble... comme d hab, je n arrive pas a les regarder jusqu a la fin :'(
Il faut informer d avantage !
Que les gens sachent ! Ca ne peut plus durer. :'(
Ingrid
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